Vous avez peut-être déjà eu cette sensation : vos douleurs semblent s’intensifier certains jours, sans raison apparente.
Et souvent, ces jours-là… l’air est lourd, humide, le ciel est changeant, le vent siffle.
Vous vous dites : “Mon corps anticipe les changements de temps ?” “Mon corps sait-il quand il va pleuvoir ?”
Et si c’était vraiment le cas ?!
Aujourd’hui, j’explore avec vous ce que la science dit vraiment du lien entre météo et douleurs chroniques.
Nous sommes en pleine canicule à l’heure où j’écris cet article. J’ai donc sûrement été influencé par la chaleur, pour aller décortiquer la météo !
On a longtemps pensé que le lien entre douleurs et météo relevait plus du ressenti subjectif que d’une réalité mesurable.
Mais depuis quelques années, ce sujet est de + en + étudié et les études scientifiques se multiplient !
Est-ce que la météo influence vraiment les douleurs ?
👩🔬 La réponse donnée par les scientifiques est… Oui !
Mais avec des facteurs bien précis.
C’est pourquoi j’ai choisi de croiser diverses études, pour découvrir si, oui ou non, ce que l’on peut ressentir se corrèle scientifiquement !
Je vous propose ici des infos qui pourraient nous intéresser 😊.
Etude 1 : « Cloudy with a Chance of Pain », 2019.
En 2019, une équipe de chercheurs anglais a publié une étude menée sur plus de 2600 personnes atteintes de douleurs chroniques, dont certaines souffraient de fibromyalgie, arthrose, maux de dos ou encore de migraines.
Chaque jour, les participantes et participants notaient l’intensité de leurs douleurs via une application mobile. En parallèle, l’application enregistrait les données météo locales : humidité, pression atmosphérique, vent, température…
Résultats ?
✅ L’humidité, la baisse de pression atmosphérique et la vitesse du vent étaient significativement associées à une augmentation de la douleur.
❌ En revanche, la température ou la pluie seule n’avaient visiblement pas d’impact direct significatif sur le ressenti douloureux.
➡️ En conclusion : le changement d’atmosphère globale, et non un seul paramètre météo isolé, semble perturber le système nerveux et le rendre plus réactif à la douleur.
📊 Étude 2 : “Perceived Influence of Weather Conditions on Rheumatic Pain in Romania”, 2019.
Toujours en 2019, en Roumanie, 394 patients atteints de pathologies rhumatismales ont répondu à un questionnaire afin d’analyser leur perception vis à vis de diverses conditions météorologiques.
Résultats ?
✅ Plus de 75 % des participants affirmaient ressentir l’impact de la météo sur leur douleur.
✅ Les principaux déclencheurs de la douleur identifiés :
- Humidité élevée 💧
- Nuage épais, brouillard 😶🌫️
- Baisse rapide de température 📉
➡️ Mise en évidence d’un nouveau facteur : une variation soudaine déclencherait ou amplifierait la douleur.
Étude 3 : “Can the Weather Affect Ankylosing Spondylitis?”, 2023
Enfin, un article publié en 2023, sur le site VeryWell Health, partage les résultats de plusieurs recherches menées sur le lien météo / douleurs dans le cas de pathologies articulaires chroniques :
- Arthrite
- Spondylarthrite ankylosante
- Arthrose
- Polyarthrite rhumatoïde
Résultats ?
✅ Un temps froid ou a contrario une chaleur excessive, le vent et l’humidité sont les facteurs les plus fréquemment observés pouvant être liées à des l’apparition ou à la majoration des épisodes douloureux.
➡️ Cette étude nous indique encore que les variations météo peuvent avoir un impact direct et mesurable, dans le cas ici, d’une pathologie spécifique.
Mais concrètement, pourquoi la météo pourrait influencer nos douleurs ?
Quelque soit la météo, ces facteurs extérieurs ont un effet sur la mécanique de notre corps physique.
La pression atmosphérique

La pression de l’air ressenti sur la Terre autrement dit du mélange gazeux qui constitue l’atmosphère. Cette pression exerce une force sur toutes les surfaces avec lesquelles elle rentre en contact.
Une pression haute est souvent associé au beau temps 🌅.
Une pression basse est elle souvent présente avec un orage ⛈️ ou un épisode dépressionnaire (CQFD!).
Cette pression atmosphérique rentre en contact direct avec notre corps ! Elle va alors engendrer une dilatation ou une contraction de nos tendons, muscles et os.
Lorsque cette pression barométrique varie, elle peut provoquer des douleurs dans ces zones.
Moins il y a de pression : plus les liquides présents dans notre corps : liquide synovial, lymphes… peuvent gonfler.
Et si ils gonflent, cela peut engendrer une pression interne sur nos nerfs, nos ligaments ou encore sur nos articulations !
L’humidité

Qu’est ce que c’est ? Pour faire simple, il s’agit de la quantité d’eau dans l’air.
Par exemple, le taux d’humidité moyen dans la forêt Amazonienne est de 77% en saison sèche, et atteint 88% de moyenne en saison humide.
Dans le désert d’Atacama au Chili, le taux d’humidité varie entre 5 à 10%. . Pour ordre d’idée en France, le taux d’humidité moyen à Paris est de 66%, et 60 % pour Marseille.
L’humidité serait connue pour est un facteur amplificateur de la douleur à plusieurs niveaux :
→ Sur les tissus mous :
L’humidité ambiante augmente la quantité d’eau dans l’air. Et donc les tissus mous du corps (muscles, tendons…) deviennent plus spongieux, plus gonflés.Sur des tissus mous déjà enflammés ou irrités cela peut accentuer les sensation de douleur…
→ Sur les nerfs :
L’humidité serait aussi connue pour ralentir les signaux nerveux.
Comment ?
Les tissus sont plus “imbibés” d’eau avec une humidité ambiante plus élevée. Les muscles, nerfs et articulations sont alors légèrement modifiés. Cela altère donc la perception et la transmission de la douleur. Les signaux nerveux sont alors perçus de façon plus intenses, plus désagréables, même si l’influx en lui-même est resté physiologiquement stable.
→ En local :
L’humidité peut accentuer les œdèmes, surtout en cas de problèmes de circulation sanguine, ou d’inflammation chronique.
Cela entraîne une pression supplémentaire et donc, peut irriter les nerfs périphériques en augmentant le seuil d’excitabilité.
Les nerfs deviennent donc plus réactifs, même en cas de stimuli faible ou sans réelle agression.
Le vent
Le vent peut être perçu comme un stimulus sensoriel constant et (surtout !) irrégulier au contact de notre peau.
En captant cette stimulation, notre système nerveux autonome va s’activer en évaluant le vent comme un stress ambiant. Cela va engendrer un état d’hypervigilance corporelle.
Dans la même idée, un état venteux accentue une perte de chaleur corporelle qui peut provoquer des contractures reflexes, des tensions musculaires persistante et donc plus de douleur !

La chaleur excessive

Lorsqu’on parle de chaleur excessive, notamment lors de canicules comme celle que nous vivons, l’impact sur la douleur peut être multifactoriel.
La chaleur peut favoriser la déshydratation, ce qui affecte directement l’élasticité des tissus et la lubrification des articulations. Les muscles peuvent se contracter davantage pour tenter de réguler la température corporelle, entraînant des tensions et une augmentation de la douleur.
De plus, pour certaines personnes, une chaleur intense peut accentuer les processus inflammatoires ou provoquer un inconfort généralisé qui rend le corps plus sensible à la douleur.
Il est donc possible que, tout comme le froid, une chaleur extrême agisse comme un déclencheur ou un amplificateur.
Interconnexion des facteurs et anticipation

Il est important de noter que ces facteurs météorologiques n’agissent pas toujours isolément.
Une combinaison de plusieurs éléments, comme une forte humidité associée à une baisse de pression et une journée venteuse, peut amplifier l’impact sur le corps.
De plus, ces recherches suggèrent que notre corps pourrait avoir une capacité d’anticipation. Il ne s’agit pas d’une prédiction consciente au sens d’une voyance, mais plutôt d’une réaction physiologique aux variations subtiles de l’environnement (changements de pression, variations d’humidité) qui se produisent avant même que nous n’ayons la perception consciente d’un changement météorologique imminent.
Notre système nerveux, en particulier celui des personnes souffrant de douleurs chroniques, semble être plus à même de détecter ces signaux faibles.
Ce que cela confirme pour moi en tant qu’infirmière et sophrologue (et personne ayant des douleurs chroniques !) :
Je l’ai constaté chez moi, et chez de nombreuses personnes que j’accompagne :
Il y a des jours où le corps est plus sensible, plus “tendu”, plus douloureux… Et ça, sans effort physique ni stress particulier.
Cela renforce l’idée que le corps douloureux devient hypersensible à son environnement : il ne réagit pas seulement aux émotions ou à l’activité physique, mais aussi à ce qui l’entoure.
Ces études viennent mettre des mots scientifiques sur ce que l’on peut observer dans la vie de tous les jours :
les personnes douloureuses peuvent percevoir des micro-variations de leur environnement, parfois bien avant que le ciel ne change ou que la pluie ne tombe.
J’interprète ça comme une forme d’intelligence corporelle 💡 !
En vous aidant à identifier vos propres déclencheurs sensoriels, puis à les accueillir sans sur-réagir, vous pouvez vraiment retrouver du confort au quotidien.
C’est exactement ce que je fais avec la sophrologie : développer une conscience fine du corps, et vous transmettre des outils concrets pour mieux vivre même les jours “météo compliquée”.
Pour en savoir plus sur les bienfaits de la sophrologie, découvrez les thématiques de mes accompagnements.
Ce que je vous propose d’observer 🧐
Je vous invite, si vous êtes curieux, à observer avec douceur et curiosité, votre propre baromètre corporel :
- Quand est-ce que mes douleurs s’intensifient ?
- Y a-t-il du vent, de l’humidité, un ciel changeant, une chaleur ou un froid inhabituel ?
- Que dit mon corps ces jours-là ? Raideurs ? Tensions ? Fatigue ?

Vous pouvez noter cela dans un petit carnet ou dans votre téléphone, sur une semaine minimum pour commencer. Analysez les résultats au bout d’un mois ou deux, lorsque que vous avez suffisamment de données. Vous pourrez alors observer s’il apparaît des facteurs qui se démarquent. Cela ne prend que 2 minutes, et les prises de conscience peuvent être très précieuses.
La sophrologie pour traverser ces jours-là plus sereinement 😊
La météo, nous ne pouvons pas la changer. Mais notre façon d’y réagir, ça, oui !
Lorsqu’on souffre de douleurs chroniques, on peut :
- Travailler sa respiration pour ramener du calme dans un corps tendu,
- S’entraîner à visualiser un lieu intérieur chaud, calme et protecteur, (le cerveau ne fait pas la différence entre un évènement vécu et un évènement imaginé !)
- S’autoriser à observer, à ressentir, et à ralentir !
- Se créer une boîte à outils sophro : exercices de mouvements doux, sur une respiration libre ou maîtrisée, avec l’intention de s’apaiser.
Un dernier mot ☀️
La météo ne vous veut pas de mal. Mais votre corps, lui, a besoin d’être écouté, compris, respecté.
En vous observant avec bienveillance, et en prenant soin de vous dans ces moments-là, vous pouvez retrouver de l’apaisement, même les jours capricieux🍃⛈️🥶.
Cindy 🌷
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Bibliographie :
- Dixon W.G. et al., How the weather affects the pain of citizen scientists using a smartphone app, npj Digital Medicine, 2019, consulté en Juin 2025.
https://www.nature.com/articles/s41746-019-0180-3
https://www.cloudywithachanceofpain.com - Croitoru A. et al., The influence of weather conditions on rheumatic diseases, BioMed Research International, 2019, consulté en Juin 2025.
https://www.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1155/2019/9187105 - VeryWell Health, How Weather Can Affect Ankylosing Spondylitis Symptoms, consulté en Juin 2025.
https://www.verywellhealth.com/ankylosing-spondylitis-and-weather-6828080





